lundi 7 décembre 2026 – 18:30

Littérature

Les Lundis des Mots

Aurelio Buletti, poète de l’émerveillemen

ILCF, Institut de langue et civilisation françaises - Neuchâtel

S’il m’a fallu longtemps pour composer la modeste anthologie traduite des poèmes d’Aurelio Buletti que j’ai eu le bonheur de voire publiée aux Florides Helvètes, lui trouver un titre, une fois le travail achevé, est allé de soi car il en était résulté, littéralement, un Petit précis d’émerveillement : par ses mots tout simples, sa « poésie minime » d’une profondeur aussi affable qu’accessible, Aurelio Buletti nous réapprend à nous émerveiller des multiples surprises que nous apporte le quotidien, si nous nous y mouvons attentifs à ce qui nous entoure, l’esprit léger, ouverts à la merveille de l’instant présent ; car la vie est trop courte pour la passer à nous désoler de ses désastres au lieu d’y puiser la dose journalière de poussière d’astre dont nous avons besoin pour nous réchauffer le cœur.

Comme l’écrit Yari Bernasconi dans sa préface : « Lire et relire aujourd’hui les poèmes d’Aurelio Buletti signifie aussi ceci : déambuler dans le jardin en friche de notre présent, regarder autour de nous. Nous fier de nouveau à la légèreté, à la gentillesse, à l’étonnement, quand d’autres prétendues “valeurs” semblent avoir plus de facilité à s’imposer dans la société contemporaine. »

Ce soir, le temps ne sera pas à la dissertation érudite, à l’exposé savant. Il s’agira juste d’écouter la voix d’un poète qui, comme tant d’autres, s’est envolé trop tôt mais qui nous laisse, comme il le recommandait à son « ami d’Olten », Antonio Rossi, des poèmes semblables aux battements d’aile des papillons, qui

dissipent vite leur vie à voler

mais rien ne paraît plus éternel

que leurs parcours

les battements doux de leurs ailes

et leur silence.

À leur image il convient que nous écrivions

des poésies volatiles, éternelles et prêtes à mourir :

laissons d’autres graver dans le bois, l’airain, le marbre

des mots pérennes.

J’ajouterai seulement ceci : des poésies qui resteront vives tant que nous saurons prendre soin de les laisser vibrer en nous.

Par Christian Viredaz

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ILCF, Institut de langue et civilisation françaises

Faubourg de l'Hôpital 61-63

2000 Neuchâtel

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