
Projection
Fuori - Cycle Italia Rossa
Centre de culture ABC - La Chaux-de-Fonds
Rome, années 80. Goliarda Sapienza travaille depuis dix ans sur ce qui sera son chef-d'œuvre, “L’art de la joie". Mais son manuscrit est rejeté par toutes les maisons d'édition. Désespérée, Sapienza commet un vol qui lui coûte sa réputation et sa position sociale. Incarcérée dans la plus grande prison pour femmes d'Italie, elle va y rencontrer des voleuses, des junkies, des prostituées mais aussi des prisonnières politiques. Après sa libération, elle continue à fréquenter ces femmes et développe avec l'une d’elles une relation qui lui redonnera le désir de vivre et d'écrire. Magnifiquement interprété par Valeria Golino et ses comparses, un film qui célèbre la joie, la liberté et la rébellion comme actes politiques.
Le cinéma italien est riche de films qui interrogent la question de l’engagement, tant le pays est traversé par des forces politiques puissantes et contraires qui s’entrechoquent depuis des décennies. Alors que la menace fasciste ne s’est jamais tue depuis son émergence il y a plus d’un siècle avec Mussolini, ses opposant·es ont adopté différentes stratégies pour la combattre. La lutte politique de gauche est une affaire de parti, institutionnelle, mais aussi une affaire de militance associative, informelle, parfois clandestine, parfois illégale. Dans les deux cas, la résistance est aussi une affaire intime, familiale, amicale, une question de morale, de rage et d’amour, un fait philosophique. Or aujourd’hui Pasolini est mort, le parti communiste aussi… la résistance de gauche est-elle reléguée dans les tiroirs de la nostalgie ? De mars à mai, à travers une dizaine de films d’hier et d’aujourd’hui, en collaboration avec la Cinémathèque suisse et les associations italiennes du Canton de Neuchâtel, le cycle ITALIA ROSSA est l’occasion de questionner notre propre rapport à l’engagement politique et au militantisme, histoire de garder la flamme dans un monde en prise à l’autoritarisme, à la fermeture et à l’exclusion. Avanti popolo, alla riscossa !















