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lundi 26 février 2024 – 18:30

Littérature | Musique

Les Lundis des Mots

Poésie française de Villon à Apollinaire

Bibliothèque publique de Neuchâtel - Neuchâtel

Jean Schmid nous raconte la poésie…

La poésie ce n’est pas seulement cette chose douceâtre que l’on croit. Ou quelque chose bon pour les enfants, pour la récitation en classe ou sous l’arbre de Noël (notez que je trouve ça très bien, que l’on habitue les enfants à apprendre de la poésie). Mais c’est une donnée essentielle de la parole, de toute parole (Jakobson a défini une fonction poétique de la parole). La poésie est un développement, une utilisation artistique de cette fonction poétique telle qu’elle est présente dans la parole ordinaire (même si on n’y fait pas attention). Qu’est-ce que c’est cette fonction poétique dans la parole ordinaire ? J’ai quelques idées à ce sujet, mais je ne suis pas là pour faire de la théorie poétique. Je laisse cela à votre réflexion.

La poésie, une branche de la musique ? La poésie, ce serait la parole comme instrument de musique ? Quand Eustache Deschamps dans son Art de dictier a distingué la « musique naturelle » de la « musique artificielle », son souci était de justifier, de légitimer une place pour sa pratique poétique, pour une poésie qui n’était pas faite pour être chantée ou accompagnée d’instruments de musique (comme l’était celle de son maître Guillaume de Machaut). Une place qu’il se soucie de définir en la distinguant de celle qu’occupait son maître, mais néanmoins une place dans le domaine de la musique. Si alors la poésie n’est plus accompagnée d’instruments mais qu’elle reste du domaine de la musique, cela implique que la parole elle-même doit être conçue comme instrument de musique.

Donc on s’intéressera aux rythmes, aux sonorités, au retour des sonorités, au rythme du retour des sonorités. Mais évidemment, puisqu’il s’agit de parole, la matière première ce sont des mots, des mots (plus ou moins) organisés en phrases, d’où inévitablement des effets de signification. La poésie sera donc un tressage entre des effets musicaux et des effets de signification. Mais – et c’est ce qui peut rebuter certaines personnes – dans la poésie (sauf si c’est de la « poésie à message »), la signification n’a pas son but en elle-même : elle est là pour contribuer à ce tressage, en vue de la création d’un objet poétique nouveau, d’une réalité poétique nouvelle.

Cela implique que la poésie est faite pour être dite. El lorsqu’on dit quelque chose, on le dit pour quelqu’un, à quelqu’un (par exemple une personne d’un public). Et si l’on veut dire quelque chose à quelqu’un, on ne va pas interposer entre cette personne et soi un objet, papier ou livre, qui n’a rien à y faire. Bien sûr, la poésie c’est inévitablement du texte, puisque pour en prendre connaissance on va l’acheter sous forme de livre. Mais encore une fois, si on la conçoit comme une branche de la musique, elle est faite pour être dite.

C’est pourquoi quelqu’un dira des créations de ces grands musiciens qu’ont été les poètes français.

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