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vendredi 2 février 2024 – 21:00 Passé

Musique

KartellCulturel

Erik Truffaz - Rollin' & Clap

Le Singe - Bienne
with special guest Alice Auclair

Le trompettiste de jazz Erik Truffaz, qui a reçu le Grand Prix suisse de musique 2023, nous emmène avec son groupe à la découverte des classiques de la musique de film.


On se referait bien une toile. Après Roll, Truffaz sort Clap ! ; deuxième volet de ses histoires de cinéma. Il réitère ce prodige de substituer ses propres images à celles que les bandes originales suscitent. Ou, comme le dit le réalisateur Bruno Nuyten : « Au-delà des souvenirs des films cités, l'interprétation d’Erik Truffaz ouvre l'imaginaire vers d'autres films qui n'ont jamais été faits. » Tout ceci est très bien tourné.


Un exemple, vite fait. Il suffit des premières notes du thème de Georges Delerue, ce piano infini qui ressemble aux escaliers de la villa Malaparte, pour que surgissent les images du Mépris, 1963, Godard. Le corps alangui de Brigitte Bardot, illusion de la conquête, un peignoir jaune sur une terrasse trop solaire. Piccoli qui lui demande pourquoi elle le méprise. Elle répond : « Je ne te le dirai jamais, même si je devais mourir. »


On en est là de notre mémoire argentique quand la trompette d’Erik Truffaz, cette respiration poignante qui débouche sur un cri, vient troubler le jeu. Elle est l’odeur du couple qui se délite, elle déplace Capri plus au nord, là où le vent ne guérit de rien. Truffaz réécrit dans l'instant le scénario, il crée de l'espace là où il n'y avait que de la pellicule.


On pourrait encore citer d'innombrables exemples. De nombreux souvenirs de très grands réalisateurs et acteurs* peuvent être évoqués, de nouvelles images de films qui n'ont jamais été tournés peuvent être créées.


Pour réécrire le script de nos vies, Truffaz rassemble une troupe d'acteurs nés. Le tellurique Marcello Giuliani avec qui il produit l'album. Ces deux-là sont des partenaires en crime depuis si longtemps qui leur suffit de ne pas se regarder pour comprendre où ils veulent en venir. La contrebasse crépite, les pistons s’agitent, on dirait les dialogues d'un buddy movie au pays des frissons.


Et puis il y a la guitare western de Matthis Pascaud, la batterie dégingandée de Raphaël Chassin, les claviers en peau de léopard analogique d’Alexis Anérile, cette jeune garde s’ébat en toute liberté, dans des espaces de jeu qui ont l'air illimité. Si Erik Truffaz réalisait des films, il le ferait sans doute comme Cassavetes ou Pialat, pour offrir à tous les rôles la surface d'improvisation la plus vaste. Pour que chacun exprime ce qu'il n'a même jamais osé s'avouer.


En musique et en cinéma, ceux qui jouent bien se dopent les uns les autres. C'est exactement ce qui se passe pour ce quintet. L'alpagueur, 1976, Philippe Labro, musique de Michel Colombier, le long-métrage s’achève par cette phrase d'Oscar Wilde : « Aucun homme n'est assez riche pour racheter son propre passé. »


Line-up

Erik Truffaz – Trompette / Trumpet

Marcello Giuliani – Basse / Bass

Alexis Anérilles – Fender Rhodes / Claviers

Matthis Pascaud – Guitare / Guitar

Raphaël Chassin – Batterie / Drums

Alice Auclair - Voice

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