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 8 mai  > 26 sep 
©DR

Exposition

Musée des Beaux-Arts du Locle MBAL

Ester Vonplon

MBAL - Le Locle
Flügelschlag

L’herbier d’Ester Vonplon est une collection de feuilles, fleurs et tiges sauvées de l’éphémère. Chacune de ces plantes a été exposée au soleil sur du papier photosensible, afin que leur empreinte y soit déposée. Aucun appareil photographique n’a été utilisé. En grand format, les oeuvres acquièrent une forte présence iconique ; en petit format, elles affirment leur fragilité.


Le dessin photogénique est né avec l’invention de la photographie. Mis au point en Angleterre par William Henry Fox Talbot dès 1834, il devient le premier procédé photographique qui permet l’obtention d’images négatives sur papier.
Les premiers dessins photogéniques sont obtenus par contact avec l’objet plat à reproduire (végétaux, tissus, dessins, etc.) selon le principe du photogramme. Les botanistes furent parmi les premiers à adopter ce procédé car la photographie, dès ses prémisses, promettait la reproduction minutieuse de formes détaillées. L’Anglaise Anna Atkins, une botaniste amatrice, ainsi qu’une aquarelliste et une lithographe accomplie, fut une pionnière de la photographie. Son ouvrage « British Algae : Cyanotype Impressions » est aujourd’hui considéré comme le premier livre
de photographies de l’histoire (1843), étant sorti quelques mois avant celui de William Henry Fox Talbot, l’inventeur du négatif sur papier à l’origine de la photographie. L’ouvrage d’Atkins comporte plus de 400 planches, toutes exécutées
sur papier sensibilisé aux sels de fer qui donnent une couleur bleue intense à son herbier. Ses photogrammes, réalisés par cyanotype, un des plus anciens procédés monochromes non argentiques, font d’Atkins la première femme photographe de l’histoire. Le travail de Vonplon semble s’inscrire directement dans son héritage. On y trouve chez elle le même émerveillement face à la magie de la photographie dans ses pouvoirs de reproduction de la nature.


Vonplon crée ses photogrammes avec du papier photographique datant de 1907. Ses images prennent alors une forme inattendue en raison du processus de vieillissement. À la lumière du soleil, le papier photosensible, qui a été conservé dans l’obscurité pendant plus de cent ans, change de couleur en quelques heures. Les plantes laissent alors des ombres floues parce qu’elles ont bougé sur le papier au gré du vent. Les images révélées par l’exposition directe sur le papier photographique sont évanescentes : l’impression semble fragile au point de risquer de disparaître. Chez Vonplon, la photographie est une expérimentation et un outil de poésie. L’empreinte, la trace, la silhouette intéressent l’artiste plus que la précision photographique. Dans Flügelschlag (Battement d’aile, 2018-2020), la nature se révèle dans sa vulnérabilité.


Biographie

Ester Vonplon (Suisse, 1980) vit et travaille à Castrisch, dans le canton des Grisons. Elle a étudié la photographie à Berlin et obtenu un Master à l’Université des Arts de Zurich (ZHdK). Son travail a été récompensé à plusieurs reprises, entre autres par le Prix culturel Manor en 2017. Vonplon a participé à de nombreuses expositions individuelles et collectives, notamment au Bündner Kunstmuseum à Coire, au Kunstmuseum à Thun, au Museum Allerheiligen à Schaffhouse, à FOAM à Amsterdam, à FOMU à Anvers, au Dafen Art Museum à Shenzhen, en Chine, et aux Rencontres d’Arles, en France. Ses projets artistiques sont souvent inspirés par le paysage des Alpes et la nature des Grisons.