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 8 jun  > 29 jun 
©Boadwee

Exposition

Smallville

Keith Boadwee & Club Paint

Smallville - Neuchâtel

Avec le lancement de la publication «Keith Boadwee - Selections from the Club Paint Pictures» co-éditée avec Hacienda Books

Le son grinçant du caoutchouc sur du béton ciré sort Feti de ses infinies digressions. Le curateur suit machinalement les chenilles du robot jusqu’à la salle où sont stockées les œuvres cataloguées sous l’appellation peinture provocatrice du XXIe siècle. À l’entrée de la section consacrée au courant des nouveaux rebelles, le bras multifonctions de l’assistant technique ouvre en deux ou trois mouvements, d’une précision surhumaine, une caisse en bois de sequoia géant qui se situe à coté des caissons où sont entreposés les œuvres majeures de Soufiane Ababri et Andrej Jubravsky. En un clin d’œil, des bras métalliques articulés, capables de broyer les phalanges de n’importe quel culturiste, disposent sur le sol une vingtaine de toiles de formats différents de l’artiste américain Keith Boadwee, comme s’il s’agissait de frisbees.

Né en 1961 près d’une base aéronaval de US Navy, à Meridian dans le Mississipi, la notoriété de Keith Boadwee émergea avec ses travaux photographiques « homoérotique ». Considéré comme un maître de l’art transgressif, capable de faire jaillir de la peinture de son anus bien avant tout le monde et bien que fasciné par les résidus de la digestion et plus largement par une sexualité pour le moins débridée, il démontra dans sa pratique picturale au geste rapide et affirmé proche de la virtuosité, une spontanéité enfantine presque émouvante.

Le choix de Feti se fait rapidement. Il opte pour finaliser la salle annexe avec une toile remarquable de format moyen. On y voit un cyprin doré, étincelant, évoluant dans un type d’aquarium depuis longtemps interdit et s’abreuvant goulûment d’une urine projetée gaiement par un pénis circoncis.

D’après un certain nombre de spécialistes, le tableau au fond bleu n’est pas issu de la production personnelle de l’artiste, mais porte la facture d’un des disciples du groupe mythique de peintres figuratifs, CLUB PAINT . Plusieurs historiens de l’art se cassent encore la tête et se disputent entre eux pour prouver que la toile a été réalisée par un étudiant du California College of the Arts de Oakland ou du San Francisco Art Institute.

Pour le curateur Ben Salem, cela a peu d’importance. Ça suffira amplement pour faire jazzer, même aujourd’hui. Il voit déjà les vautours de la ligue des néo-antispécistes, puissants lobbyistes de l’Union, excédés, grimper au rideau.

C’est le grand jour, la pluie acide fera probablement place aux aurores boréales. Le Brawndo va couler à flot. Le vernissage tant attendu, sujet de toutes les conversations et qui marquera les esprits aura lieu ce soir. Les éternels discours officiels mous et pompeux commenceront aux alentours de 18h30. La présence de beau monde est prévue. L’immortel Ragnar Kjartansson, l’arrière petit fils de l’artiste zurichois Fabian Marti, les nombreux successeurs et héritiers du sculpteur Dafino, les restes cryogénisés de l’acteur Ryan Gosling, Lord Runing Clam le fongus intelligent de Ganymède et surtout les petites fesses rebondies de Klaus sont notamment attendus en début de soirée dans la salle du buffet aux décorations en stuc de la Pinacoteca.


Ouvert le samedi de 14h à 17h ou sur demande